Entretien avec Adrien SALENC

CTV : Maestro, pas trop dur le confinement ?

Adrien SALENC : Mentalement c’est dur, le moral en a pris un coup il faut bien le dire.
Je venais de faire une campagne en Amérique du Sud (1 corrida en Colombie et 2 au Pérou). Bien que le bétail présenté y réserve parfois des surprises (on passe facilement du presqu’utrero adelanto au plus que cinqueño, la caste se mue souvent en sauvagerie,…), c’est une très bonne école, et surtout cela permet d’entretenir la forme. Je suis ensuite revenu à Madrid et à mon quotidien.
J’allais au-devant de grosses échéances dont plusieurs en France. Cela a été un arrêt dans les starting-blocks, un coup sec !
Heureusement, dès que j’ai su que l’Espagne confinait, j’ai pris le premier avion et je suis rentré en France, à Nîmes, en famille. Au début, je ne tenais pas en place, j’étais hyper actif. Ne rien faire ?! Pour moi, c’est l’inconnu. Maintenant j’ai ma routine, je fais mon footing tous les jours puis une longue marche et ensuite, toreo de salon sur la terrasse. Je profite de ma famille, cela fait 10 ans que je ne les voyais pas en dehors des Fêtes de Noël ! Et puis je me suis mis à la lecture, à l’écriture même.

Cela me change de ma vie madrilène où les journées au campo font que souvent je pars tôt et je rentre en fin de journée.

Je reste en contact avec le mundillo, beaucoup d’échanges avec les compañeros, des apoderados et surtout les ganaderos qui traversent vraiment une période qui, pour beaucoup, peut devenir dramatique. Tout risque de partir à l’abattoir et pour l’instant rien n’est prévu en termes d’aides…

CTV : Comment Adrien Salenc est-il devenu un torero ?

Adrien SALENC : Tout d’abord, aucun antécédent familial. Tout au plus mon père et mon grand-père étaient-ils aficionados mais c’est tout. C’est lorsque nous avons déménagé à Arles pour le travail de mon père, j’avais 11 ans, et c’est à ce moment là que le déclic s’est produit. Là, j’ai commencé à aller à l’Ecole Taurine d’Arles. À l’époque Andy Younes y était aussi et par curiosité et puis de fil en aiguille les choses sont devenues plus sérieuses et, quelques volteretas aidant, je me suis pris au jeu.
J’ai envoyé un courrier à la Fundación El Juli à Arganda del Rey sans trop y croire et je suis pris !!!
Me voilà parti pour 2-3 mois à l’essai, à 13 ans ! Merci encore à mes parents qui m’ont donné leur accord.
Cela fait 10 ans que je suis en Espagne maintenant ! Mais que ce fut dur. Tout laisser, la famille, les amis, la langue, tout ! Heureusement, à la Fundación, j’ai été très bien encadré. El Juli a été un très bon professeur, dans la manière de faire et d’être. J’ai passé ces années à m’imbiber du savoir des gens qui m’entouraient.
Là, j’ai appris à ne pas vouloir aller trop vite, ne pas se présenter sans y être préparé, ne pas brûler les étapes. Tout arrive à son heure.
Ce furent trois années en novilladas sans picador (mas o menos 70 festejos), avec une novillada à Magescq pour ma présentation en France en sans chevaux. Un long chemin débutait avec Olivier Baratchart, Angel Gomez Escorial et Rafael Cañada.
Suivirent deux années en novilladas piquées (unos 60 festejos) avec une présentation en France à Captieux.
Et toujours cet objectif de me doter d’un bagage me permettant de voyager au long cours en tant que Torero.
La suite logique et naturelle, c’est l’alternative prise à Istres le 14 juin 2019 avec El Juli comme parrain et Andres Roca Rey comme témoin avec du bétail de Zalduendo. De là, ont suivi quelques succès de poids dans des plazas de catégorie telles que Bayonne, Arles, Zaragoza.
Maintenant, mon chemin est tracé, je veux laisser une empreinte dans l’histoire de la tauromachie !

Là, j’ai appris à ne pas vouloir aller trop vite, ne pas se présenter sans y être préparé, ne pas brûler les étapes. Tout arrive à son heure.

Adrien SLAENC

CTV : Les moments les plus durs ?

Adrien SALENC : Pour commencer, sans aucun doute, le départ à Madrid à 13 ans. Mon adaptation à l’Espagne, la solitude, ne pouvoir communiquer avec les siens que par téléphone… Mais bon cela m’a fait devenir l’homme que je suis maintenant !
Après bien sûr, dans un milieu comme le milieu taurin, les rencontres ne sont pas toujours agréables, les fausses illusions et les frustrations sont légions, mais on s’y fait.
Sur le sable, je dois dire que la cogida de Calasparra le 05 septembre 2017, lors d’une larga cambiada où le novillo me prends et me cloue contre les planches, m’a fait mal, très mal. Je m’en suis sorti avec l’épaule droite en charpie, six mois d’arrêt alors que tout était bien parti (déjà !), 15 novilladas perdues… Pour finalement revenir par un triomphe à Arles.
Tout compte fait, cela a été un mal pour un bien. Cela m’a permis de prendre du recul par rapport à beaucoup de choses et notamment ma manière de toréer.

CTV : Des préférences en termes d’encaste, de ganaderías ?

Adrien SALENC : Franchement, j’ai toréé un peu de tous les encastes depuis que j’ai commencé en non piquées et surtout en novilladas. Je me fais à tous types de ganado. J’avoue cependant avoir un faible pour l’encaste Santa Coloma – Buendia. J’ai vraiment pris du plaisir à toréer les toros de Los Maños et aussi de La Quinta.

CTV : 2020 se présentait comment ?

Adrien SALENC : Je pense sincèrement que j’allais toréer 10 à 12 corridas, ce qui pour un torero qui n’a pas un an d’alternative au début de la temporada est appréciable. Espérons que 2021 reprendra là où 2020 s’est arrêtée, pour moi la continuité de 2019 !

Suerte Maestro !!

Adrien SALENC

Né le 10 janvier 1997 à Nîmes
Alternative : 14/06/2019 à Istres
Premier Paseo à Vic
Temporada 2019 : 5 corridas, 4 oreilles

Il devait faire sa présentation dans nos arènes en 2020 lors de la corrida concours. Il devait combattre le Peñajara et le Los Maños.

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