Entretien avec Juan LEAL

CTV : Torero, tout d’abord, dans quel état d’esprit étais-tu à l’orée de la temporada 2020 ?

Juan LEAL : C’était pour moi une saison très importante, LA SAISON de ma carrière à ce jour. C’est un crève-cœur mais il faut en retirer du positif pour mieux rebondir sur la fin de saison et l’an prochain. Cette saison allait être l’aboutissement d’années de travail, mais à toutes choses malheur est bon, cela me donne un an de plus pour me préparer à affronter les défis qui m’attendent !

Quand j’y repense, on partait pour Valence où je devais toréer aux Fallas trois jours plus tard et c’est annulé ! Sur le coup, tu encaisses et c’est dur. Puis de fil en aiguille, d’annulation en annulation, tu t’y fais et tu te prépares mentalement à passer ce cap.

 

Bien sûr, on est dans le flou, nul ne sait quand est-ce que l’on reprendra, ni où. Donc ce qu’il faut faire, ce que je fais, c’est se tenir au mieux mentalement, physiquement et techniquement. Je passe beaucoup de temps au campo (maintenant que l’on peut). Tentaderos puis tentaderos et encore tentaderos. Ainsi les ganaderos peuvent « voir » leurs toros, et nous les toreros pouvons travailler notre technique. Ainsi on arrive à ressortir du positif d’une telle situation ! Donc en ce moment, mon quotidien c’est campo, campo, campo et toreo de salon.
Je dois ressortir de cet épisode mieux armé pour revenir dans les ruedos au mieux.

CTV : Campo, campo ? Chez qui as-tu tienté dernièrement ?

Juan LEAL : Un peu partout ! Chez Juan Pedro Domecq, Garcigrande, San Martin, Miura, Aguadulce, Cayetano Muñoz…Le fait de pouvoir pratiquer des élevages si hétérogènes te permet de t’affiner techniquement, « d’ajouter des paramètres à ton logiciel ». Il s’agit encore et toujours de chercher la progression, le détail.

CTV : Avant de pouvoir revenir au campo, tu t’es improvisé fabricant de masques…

Juan LEAL : En fait, on ne pouvait pas sortir, j’étais bloqué à la maison. Je me suis dit que c’était un bon moyen de participer, de partager avec ceux qui nous entourent, nous soignent. J’ai ressorti la vieille machine à coudre que j’utilisais à mes débuts pour coudre des capotes et autres. Je l’ai dépoussiérée, et en avant. Et puis cela ma permis de m’occuper un peu.

 

CTV : Revenons sur ta carrière, la corrida de Miura à Bilbao a tout changé, comment es-tu arrivé à rentrer sur ce cartel ?

Juan LEAL : C’est vrai que cette corrida représente pour moi un point d’inflexion. En fait, si on se souvient, j’avais été bien à Madrid, j’avais coupé 3 oreilles à Nîmes et je répétais les bonnes prestations. De là, on m’a proposé de rentrer sur ce cartel. Mon entourage m’a déconseillé cette course car j’allais être catalogué torero de corridas duras, mais moi j’y ai vu une opportunité, la possibilité d’y acquérir notoriété et reconnaissance. Charge à moi, au-delà, de faire fructifier celles-ci.

Si tu attends chez toi qu’on t’appelle pour partager l’affiche avec El juli et Manzanares devant des toros de Garcigrande, tu as de grandes chances d’attendre longtemps. Il faut être honnête, n’est pas figura del toreo qui veut. Il n’y a pas de cadeaux pour arriver à ce niveau-là. Dans la vie, on a deux options, soit on se lamente dans son coin en disant que c’est la faute aux autres, soit on prend le toro par les cornes (!!) et on tente de s’ouvrir ses propres portes, de saisir les opportunités que la vie nous offre.
Mon idée était de profiter de cette course pour monter dans le train des grandes Ferias. Mon objectif, maintenant, est de n’en plus descendre, de changer de wagon, de monter de la seconde à la première classe.

CTV : Depuis une temporada maintenant ton apoderado est Julián Guerra, c’est un changement stratégique ?

Juan LEAL : A vrai dire, Julián était déjà venu me voir lorsque j’étais novillero. Cela fait un bout de temps que l’on envisageait de travailler ensemble. Et là cela s’est fait car j’étais en recherche de l’aide de quelqu’un pour améliorer mes points faibles, mes lacunes. M’aider à monter en gamme techniquement afin de pouvoir mieux m’exprimer devant les toros, mieux développer mes capacités d’un point de vue artistique. C’est cela que je suis allé chercher chez Julián. Mais aussi pour m’apporter de la qualité au niveau des contrats, pour m’aider à faire les bons choix. C’est donc un satisfecit

CTV : Et en regardant vers le futur, 2021 ?

Juan LEAL : N’allons pas trop vite en besogne, la saison 2020 n’est pas finie. Il y a encore Istres et quelques autres rendez-vous avant la fin de la temporada qui tiennent toujours. Comme déjà dit, je suis monté dans le train, je ne veux plus en redescendre !

CTV : Donc Juan LEAL, heureux malgré ces contretemps ?

Juan LEAL : Bien sûr ! Comment ne pas être heureux quand je me lève tous les matins pour faire ce qui me plaît le plus au monde. Certains de mes amis travaillent dur toute la semaine et attendent le week-end pour ne plus avoir à travailler. Moi, j’ai la chance de vivre au contact des toros, de toreros et de ganaderos du matin au soir ! Je peux faire mon chemin et profiter de ma profession. Quel plaisir ! On vit toro tout le temps, on est hors de ce monde, et là franchement, quelle chance !!!

Juan LEAL

Né le 27 Décembre 1991 à Arles
Alternative : 19/05/2013 à Nîmes
Temporada 2019 : 16 corridas, 22 oreilles

Il devait, cette année, faire sa présentation dans nos arènes, devant les toros de Pedraza de Yeltes, au côté de Daniel LUQUE et Alberto LÓPEZ SIMON.

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